Isaak-Oscar Zaidman

Présenté par Imène HAMROUNI, Keltoum HAMROUNI, Hind OUHALIMA et P.Ricaux

Isaak-Oscar Zaidman, avant 1939
Collection particulière de Miriam Borowsky-Zaidman

Isaak-Oscar ZAIDMAN (1903–1944)

Lorsque Oscar Zaidman s’installe de nouveau dans un appartement à Douai, au 12 rue des Minimes, en 1938, il revient de Palestine britannique où il était parti en 1935 avec sa femme Genta Zorman et leur fils Georges, pour rejoindre ses parents déjà exilés à Tel-Aviv. C’est d’ailleurs à Tel-Aviv qu’est née leur fille Miriam, en 1937. Mais Genta ne se plaisait pas en Palestine : elle n’arrivait pas à s’habituer au désert et elle avait souvent peur que son mari, qui combattait avec la Haganah, ne se fasse tuer. Naphtal, le frère dont Genta était très proche, et une sœur installée en France ont alors envoyé de l’argent pour que le couple et ses enfants puissent revenir à Douai. Isaak et Genta y étaient arrivés en 1930-31, pour s’y établir, à proximité de la famille du frère de Genta. Depuis, Naphtal et sa femme Hélène avaient fait prospérer un commerce de vêtements et habitaient Waziers avec leurs deux enfants, mais Oscar et Genta se sont réinstallés à Douai, et ils ont vendu des vêtements sur les marchés. Oscar complétait cette activité, peu rémunératrice, par des travaux de peintre en bâtiment. C’était un intellectuel libéral, non religieux, qui avait fui les persécutions antisémites de la Pologne où il était né en 1903, à Varsovie. Il venait d’une famille nombreuse de 24 enfants, dont le père était rabbin. Il pensait qu’un pays qui avait eu Léon Blum comme Président du Conseil ne pouvait pas persécuter les juifs, et il avait choisi de changer son prénom d’Isaak en Oscar. Il aimait lire et passer du temps avec ses enfants, mais aussi nager et jouer au billard.

Isaak-Oscar Zaidman (à gauche) et Naphtal Zorman,
en 1939, en uniforme de légionnaires
Collection particulière de Miriam Borowsky-Zaidman

Quand la France est entrée en guerre en septembre 1939, il s’est engagé volontairement dans la Légion étrangère : il a intégré, dès octobre, le 12ème Régiment Etranger d’Infanterie, et a combattu pendant la Campagne de France en faisant preuve de courage. En effet, le 6 juin 1940, au Chemin des Dames, il a été blessé à l’abdomen, et a sauvé la vie de son chef de section, en le portant sur son dos. Il a donc été décoré de la Croix de guerre, avec une étoile de bronze. Il a été soigné à Tarbes, à la clinique Mailhé, en juin 40. Puis, comme tous les soldats de l’armée française, il a été démobilisé en octobre, dans le sud de la France.

De gauche à droite : Miriam, Georges, Genta et Isaak-Oscar Zaidman,
entre octobre 1939 et septembre 1940
Collection particulière de Miriam Borowsky-Zaidman

        Il a alors retrouvé sa famille, et celle de Naphtal, à Saint-Gaudens puis à Boulogne-sur-Gesse où ils se sont installés. Naphtal et lui ont été embauchés dans une scierie. Mais dès sa création, le 10 janvier 1943, il a intégré la 3401ème compagnie de la résistance F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans) de Boulogne-sur-Gesse, rattachée à Toulouse, sous l’autorité du Commandant Gentès. Il y rend « de précieux services »(1), et côtoie des gendarmes français qui le mettent en garde et le poussent à gagner l’Espagne. Mais Oscar a peur que sa famille ne soit arrêtée s’il part, et prend le risque de rester à Boulogne.

Extrait du dossier militaire d’Isaak-Oscar Zaidman

C’est là qu’il est arrêté, par la police française, le 9 septembre 1943, et interné d’abord au camp de Baroute-Martigue près de Marseille, puis à Drancy, avec Naphtal, en avril 1944. Naphtal a, en effet, été arrêté près de Marseille, alors que la Gestapo le recherchait intensément pour ses activités de résistant. Tous les deux sont déportés par le convoi 73(2) le 15 mai 1944. Ce convoi, atypique, est dirigé vers la Lituanie, et une partie des 900 hommes sont assassinés au premier arrêt, près de Kaunas. L’autre moitié du convoi repart, vers Tallinn, en Estonie, où une partie des déportés est affectée à des travaux de grande pénibilité, dans des conditions épouvantables. Aujourd’hui, on ne sait pas où Oscar a été assassiné.

(1) Dossier militaire d’homologation en tant que FFI

(2) Voir la fiche concernant le Convoi 73

Sources :

  • Entretiens avec Miriam Borowsky-Zaidman
  • Dossier de FFI aux archives militaires, Service de la Défense, Vincennes

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