Laja et Jacob SLOMNICKI

Présentés par Iliona BUYSE, Léine DJAHED, Louis LOUVETZ-VOISIN

Laja Slomnicki et Jacob Slomnicki le 8 août 1942, environs de Douai
Collection particulière de G.Liakhoff-Milsztein

Laja et Jacob SLOMNICKI  (1902-1942 et 1906-1945)

Arrêtés le 11 septembre 1942, vers 5 h, à leur domicile rue de Paris, Jacob et Laja Slomnicki étaient commerçants et vendaient des chapeaux dans leur magasin de la rue de Paris et sur les marchés. Ils étaient des Polonais juifs ayant fui les persécutions antisémites de la Pologne de l’entre-deux-guerres. Ils espéraient construire leur vie en France, pays des Droits de l’Homme.

           Fils de Isaac Slomnicki et de Fagja née Golbstein, Jacob Slomnicki était né le 11 Mai 1906 à Czestochowa, au sud de la Pologne. Blond, athlétique et gentil, Jacob était aussi apprécié pour son humour débordant et sa sympathie naturelle. Arrivé en France dans les années 1920, il se maria avec Laja Pruszycka, originaire de Pizeznica, et arrivée plus tardivement en France. Elle accueillait souvent sa nièce pour le déjeuner, car elle aimait cuisiner. Laja était également attentive aux vêtements qu’elle portait, et tous deux s’occupaient beaucoup de leur nièce, en suivant par exemple sa scolarité. Ils aimaient écouter de la musique à la radio, et entretenaient des liens réguliers avec leur famille restée en Pologne. Tous deux étaient de grands lecteurs, et parlaient français ou yiddish entre eux. D’après leur nièce, Georgette Liakhoff, ils formaient un couple très amoureux. Le peu de temps libre dont ils disposaient était consacré à des promenades dans la campagne douaisienne.

          Le couple fut arrêté par la police de Douai, encadrée par des gendarmes allemands. Puis ils passèrent plusieurs heures à la gare de Douai avant d’être déportés par la gare de Lille-Fives au camp d’internement de Malines, en Belgique.

          Le 15 septembre 1942, Jacob et Laja furent déportés par le convoi numéro 10 (X) dont la destination était le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Ils furent séparés dès leur arrivée à la gare d’Auschwitz par la sélection opérée par les SS. Il est très vraisemblable que Laja a été immédiatement assassinée dans une des chambres à gaz de Birkenau.

          Mais Jacob, sous le numéro 64096, a vécu un long internement durant lequel il dut survivre aux hivers glaçants et aux étés caniculaires qu’il affrontait tout en travaillant durement dans un camp dépendant d’Auschwitz, à Jaworzno où il s’épuisa dans les mines de charbon. C’est d’ailleurs en travaillant que Jacob a développé un kyste au niveau du coude droit. Son opération s’est déroulée, le 3 juillet 1944, au bloc opératoire 21 d’Auschwitz, d’où peu de détenus revenaient. Jacob est cependant sorti vivant de cette opération. Et lorsque, début 1945, l’avancée de l’armée soviétique a poussé les nazis à transférer les prisonniers vers d’autres camps, Jacob fut déplacé au camp de Gross-Rosen, puis au camp de Buchenwald le 7 mars 1945. Dans ce camp, Jacob reçu un nouveau matricule, le numéro « 1338892 » ; il y fut assassiné le 15 mars 1945, parce que juif.

Sources :

–     Entretiens avec Mme Liakhoff-Milsztein, nièce de Laja et Victor Slomnicki

–     Archives d’Auschwitz

–     Archives départementales du Nord

–     Archives personnelles de Mme Liakhoff-Milsztein.

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